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Qui suis-je ?

Je suis un artisan.

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J'ai construit une grande partie de ma vie autour de mes mains.

Observer, dessiner, fabriquer, cuisiner, transformer : le geste et sa précision ont toujours occupé une place essentielle dans mon parcours.

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Très tôt, cette curiosité m'a conduit vers le corps humain. Après un parcours scientifique, j'ai étudié l'illustration médicale et scientifique, avec une spécialisation en anatomie, anatomie fonctionnelle et neuroanatomie.

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J'ai appris à observer le corps, à comprendre ses structures, ses mouvements et les relations qui existent entre eux. À le dessiner pour parvenir à le représenter avec justesse.

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Je connaissais le corps. Du moins, je pensais le connaître.

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Le corps comme outil.

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Puis la vie m'a conduit ailleurs.

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Pendant plusieurs années, j'ai été restaurateur.

Un autre métier de mains, de gestes et de matière. Un métier d'engagement, d'exigence et d'endurance, dans lequel j'ai longtemps demandé à mon corps de suivre le rythme que je lui imposais.

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Je l'ai considéré comme un outil.

Un outil capable de travailler, de porter, d'encaisser. Il fallait être utile, parfois trop, et continuer malgré la fatigue et les douleurs que l'on finit par considérer comme normales.

J'avais étudié son anatomie et son fonctionnement. Mais je n'avais jamais réellement appris à écouter le mien.

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Jusqu'au jour où mon corps m'a imposé de le faire.

Lorsque j'ai fini par fermer mon restaurant, épuisé par des années à lui demander toujours davantage, plusieurs rencontres m'ont amené à le regarder autrement.

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Un ostéopathe, une masseuse, puis une approche plus spirituelle m'ont chacun, à leur manière, conduit vers une évidence que j'avais pourtant passée des années à étudier sans réellement la comprendre :

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Mon corps n'était pas seulement un outil au service de ma vie. Il était le lieu dans lequel je la vivais.

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Recevoir.

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J'ai alors commencé à prendre le temps de me faire masser réellement.

Non plus simplement pour profiter d'une pause suffisamment longue pour m'endormir, mais pour découvrir ce qui se passait lorsque, pour une fois, je ne demandais rien à mon corps.

Ni travailler. Ni tenir. Ni continuer.

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Simplement être là.

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J'ai découvert que l'on pouvait poser les mains sur moi sans que mon corps ait à se défendre. Et, progressivement, que je pouvais à mon tour poser les mains sur quelqu'un en commençant simplement par écouter ce que son corps avait à dire.

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Le corps que j'avais appris à observer devenait un corps que je pouvais ressentir.

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Et cette découverte allait changer ma manière de regarder celui des autres.

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Puis il y a eu une rencontre.

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Une personne qui, sans probablement le savoir, m'a permis de découvrir ce que mes mains pouvaient réellement transmettre.

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C'est auprès d'elle que j'ai appris à prendre le temps, à écouter sous mes doigts et à découvrir la tendresse qu'un geste pouvait porter.

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Peu à peu, le corps de l'autre a cessé d'être seulement un corps que l'on touche.

Il est devenu un espace que l'on écoute, auquel on prête attention et auquel on peut simplement offrir du répit.

Mes mains, que j'avais jusque-là utilisées pour fabriquer, dessiner, cuisiner ou travailler, pouvaient aussi devenir un moyen d'être présent à l'autre.

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C'est aussi là qu'Au Seuil du Soi a commencé à naître.

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Apprendre autrement.

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Il restait pourtant à donner à cette intuition les connaissances, la technique et le cadre nécessaires pour en faire un métier.

Lorsque je me suis tourné vers le massage, je ne découvrais pas l'anatomie.

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Je découvrais une autre manière de la rencontrer.

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Sous les mains, les connaissances prennent une autre dimension.

Un muscle n'est plus seulement une structure dont on connaît l'emplacement, le trajet ou la fonction. Il appartient à un corps vivant, avec ses habitudes, ses tensions, ses mouvements et sa manière propre de réagir au toucher.

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Je me suis formé au massage bien-être à Marseille, auprès d'À Fleur de Peau, puis à différentes approches : massage californien, massage suédois, réflexologie plantaire, Lomi Lomi et Qi Nei Zang.

J'y ai appris des techniques, des protocoles et des traditions différentes. Autant d'outils qui me permettent aujourd'hui d'adapter mon geste plutôt que d'enfermer chaque personne dans une pratique unique.

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Plusieurs périodes de ma vie qui semblaient jusque-là indépendantes ont alors commencé à se rejoindre.

Comprendre avec l'esprit. Observer avec les yeux. Ressentir avec les mains.

Et entre les trois, apprendre à écouter.

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Au Seuil du Soi.

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C'est là que ma pratique s'est construite.

Je ne cherche pas à reproduire mécaniquement un protocole, ni à décider à la place d'un corps de ce dont il aurait besoin.

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Les techniques que j'ai apprises restent des outils. Le massage se construit ensuite autour de la personne qui se trouve devant moi, de ce qu'elle exprime, de ce que son corps raconte et de ce qu'il accepte de recevoir à cet instant.

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Parce qu'aucun corps n'est tout à fait semblable à un autre.

Et parce que nous-mêmes ne sommes jamais exactement les mêmes d'un jour à l'autre.

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Je n'ai pas une vision particulièrement tendre du monde.

Je sais ce que peuvent laisser la fatigue, les exigences, les rapports humains et cette nécessité permanente de continuer malgré tout. Je sais aussi combien il peut être difficile de simplement s'autoriser à s'arrêter.

C'est probablement pour cela que je crois autant à la valeur d'un moment de répit.

Pas pour réparer.

Pas pour sauver.

Et certainement pas pour prétendre effacer en quelques heures ce que la vie a parfois mis des années à inscrire dans un corps.

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Simplement pour lui accorder un temps où rien d'autre ne lui est demandé.

Au Seuil du Soi est né de mon parcours, de ces rencontres et de tout ce que mes mains ont appris depuis.

Je n'y propose pas une parenthèse hors du monde ni la promesse d'en ressortir différent.

Seulement un endroit où, pendant un moment, il devient possible de ralentir suffisamment pour recommencer à écouter.

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Le corps parle. Prenons le temps de l'écouter.

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